"L'inconnu" -2007- 32x26cm
Techniques: Crayon posca, Pastel sec, encre de chine.
Ô le coeur
Ô père
Ô mère
Ô dyssée
Ô merta
Ô secours
Importance accordée aux éléments Air Terre Mer Feu et à leurs relations
Rôle central de la mer, représentation conventionnelle, froide, contours indifférents à la présence du croissant de terre-vaisseau mais restant bien délimités par rapport à l'espace céleste
L'espace tellurique se veut simple, binaire et animé d'une volonté de rallier le ciel par deux bras qui, divisant la mer, cherchent aussi à l'embrasser sans oser l'avouer. L'embrassade échoue, les 2 bras restent écartés et la mer garde sa couleur froide. Découragés, ces 2 bras ondulent, se tortillent parviennent à peine à atteindre l'horizon, le domaine du ciel, du soleil et de l'espoir.
Etrange espace céleste où poussent des arbres !
Comme s'il existait un monde complet au-delà de l'horizon !
Mais la question du mirage est posée
En fait, cette mer porte d'autres mondes qui ressortent, vu d'ici, vu de loin, comme prospères et enviables
Etrange relation gauchère entre un bras de terre et l'arbre le plus éloigné du soleil
Arbres, définis uniquement par leur corps central. aux branchages, aux feuillages si transparents, qu'ils n'empêchent nullement de voir, en tout endroit du ciel, le rayonnement solaire.
L'astre céleste est d'allure externe très conventionnelle. Il est dessiné en son ponant, son intimité est inconnue. Seule sa personnalité extérieure s'exprime clairement aux yeux de tous. Autant l'expression de cette personnalité est présente dans les cieux, autant elle est inexistante sous l'horizon de la mer
Présence de nuages sombres dans le ciel de l'astre mais aussi à ras de la mer, qui semblent provenir directement du fait de l'existence du personnage
Personnage unique, essentiellement interposé entre Astre et Mer, corps orienté vers le passé. Visage tourné vers le spectateur, comme dans un miroir, inexpressif, livide, morbide, inanimé et contrastant fortement avec un coeur hurlant son existence. Coeur qui porte les même couleurs que celles de l'astre. Tristesse du visage et importance accordée à l'amour sont ignorées par la mer, par l'astre, par le monde d'au-delà. Seul le spectateur voit le drame. Lui seul est pris à témoin
Et même très fortement pris à témoin par le geste que fait c personnage avec son bras unique: "Regardez ça, regardez ces 2 bras qui cherchent à embraser la mer, à rejoindre l'astre, l'avenir et l'espoir mais en vain"
Vêtement-cape sombre, diformités, bras gauche supprimé pour ne pas distraire le regard du bras droit qui désigne et accuse.
Suppression qui permet également de bien insister dans le dernier espace de droite sur l'état des relations entre les Eléments
Graphisme hypnotique, pensée semi-consciente guidant la répétion de limites, limites, limites
Marques d'un désir obsessionnel, toujours collimaté, toujours ciblé et pourtant, au centre des mires, rien, rien, rien, puis...Ah! si, là, dans le personnage au visage inexpressif, il y a bien quelque chose au centre, il y a un coeur, un coeur arc-en-sang, arc-en-tabou
Rarement tableau n'est aussi apostrophant.
Rarement tableau n'oblige autant
Indifférence impossible, effet trou noir garanti
Texte de Easy !!